Femmes à la retraite : santé, finances… quels défis spécifiques ?

Temps de lecture ≈ 1 minutes
Publié le 11/03/2026


À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars dernier, nous souhaitions consacrer un article aux femmes à la retraite. Bien qu’elles vivent en moyenne plus longtemps que les hommes, les femmes retraitées font face à des défis particuliers : pensions plus modestes, risques accrus de précarité, santé à préserver… Comment expliquer ces inégalités, et quels conseils pour mieux vivre sa retraite au féminin ?

Des pensions de retraite plus modestes pour les femmes

Les femmes de la génération actuelle de retraités ont, pour beaucoup, connu des carrières moins linéaires ou moins bien rémunérées que leurs homologues masculins. Congés maternité, temps partiels choisis ou subis, interruptions pour élever les enfants, carrière freinée par le « plafond de verre »… autant de facteurs qui aboutissent à des écarts de pensions importants entre les sexes. En moyenne, la pension de droit direct des femmes est inférieure d’environ 30 % à celle des hommes. Autrement dit, une retraitée perçoit souvent une retraite beaucoup plus faible qu’un retraité homme.

Conséquence : près d’une femme retraitée sur deux touche moins de 1 000 € de pension par mois, contre environ 15 % des hommes retraités. Certes, les femmes peuvent bénéficier, en compensation, de la pension de réversion (elles survivent plus souvent à leur conjoint), ce qui réduit en partie l’écart de revenus. Mais malgré la réversion, l’écart reste d’environ 20% en défaveur des femmes. Cet écart de revenu se répercute sur le niveau de vie : les femmes âgées sont plus nombreuses à rencontrer des difficultés financières, à renoncer à des soins coûteux, ou à dépendre du minimum vieillesse (allocation de solidarité aux personnes âgées).

Plus d’années à vivre… parfois seules et en moins bonne santé

L’autre paradoxe de la retraite au féminin, c’est que les femmes ont une espérance de vie supérieure (environ 85 ans pour les Françaises, contre 79 ans pour les hommes). Elles passent donc plus de temps en retraite, mais souvent avec un état de santé plus fragile sur la fin de vie. En effet, en moyenne, les femmes vivent 3 années de plus que les hommes en termes d’espérance de vie totale, mais leur espérance de vie en bonne santé est à peu près équivalente à celle des hommes (autour de 64 ans). Elles ont donc tendance à cumuler plus d’années de vie en situation de maladie chronique ou de perte d’autonomie.

Par ailleurs, de nombreuses femmes âgées vivent seules : veuvage plus fréquent (les femmes se marient souvent à des hommes plus âgés et leur survivent), risque de solitude accru en l’absence de conjoint ou si les enfants vivent loin… Cette solitude peut peser sur le moral et même la santé psychologique. Les femmes de plus de 75 ans sont par exemple plus touchées par la dépression que les hommes du même âge, situation souvent liée à l’isolement social.

Le rôle d’aidante : une charge supplémentaire

Il ne faut pas oublier que beaucoup de femmes retraitées continuent à prendre soin de leurs proches. On les appelle les « aidantes familiales ». Il peut s’agir d’aider un conjoint malade, s’occuper d’un parent très âgé, voire garder régulièrement les petits-enfants pour dépanner la famille. Si ce rôle d’aidante peut être gratifiant, il représente aussi une charge physique et mentale non négligeable. De nombreuses grands-mères s’occupant d’un conjoint dépendant reportent leurs propres besoins de santé (elles prennent moins de temps pour se soigner, souffrent d’épuisement, etc.).

Ce cumul des rôles (aidante, grand-mère, etc.) s’ajoute aux défis financiers évoqués plus haut. Il peut conduire certaines femmes retraitées à un surmenage et à négliger leur santé personnelle. Il est donc crucial de valoriser et soutenir ces aidantes : des dispositifs comme des allocations de proche aidant, du répit (accueil temporaire du proche dépendant en établissement pour que l’aidante se repose), ou des programmes de soutien psychologique sont autant de solutions à connaître.

Conseils pour bien vivre sa retraite en tant que femme

Malgré ces constats, des leviers existent pour améliorer la qualité de vie des femmes retraitées. Voici quelques conseils et ressources utiles.

Connaître et faire valoir ses droits

Informez-vous sur les aides financières auxquelles vous pourriez prétendre. Par exemple, si vos ressources sont limitées, l’Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées (ASPA, ex-minimum vieillesse) peut compléter vos revenus pour atteindre ~961 € mensuels pour une personne seule (montant 2026). Si vous avez élevé des enfants, assurez-vous d’avoir bénéficié des majorations de trimestres pour maternité/éducation dans le calcul de votre retraite. Et en cas de veuvage, faites la demande de pension de réversion (qui peut représenter 54% de la retraite de votre conjoint décédé, sous conditions de ressources pour les régimes complémentaires). Ne restez pas isolée avec des difficultés financières : des assistantes sociales (en mairie, CARSAT, etc.) peuvent vous aider à monter des dossiers d’aide.

Prendre soin de sa santé

Certaines questions de santé touchent particulièrement les femmes seniors. Par exemple, l’ostéoporose (fragilité osseuse) s’accélère après la ménopause – un dépistage par ostéodensitométrie et un apport suffisant en calcium/vitamine D sont importants. De même, les maladies cardio-vasculaires sont souvent sous-diagnostiquées chez les femmes (on pense à tort qu’elles sont « protégées » par leurs hormones, alors qu’après 60 ans, le risque rejoint celui des hommes). N’hésitez pas à consulter régulièrement pour un suivi gynécologique, cardiologique, etc. Participez aux dépistages recommandés (cancer du sein, du côlon…) et parlez ouvertement de vos symptômes éventuels (douleurs articulaires, troubles de l’humeur, mémoire…) : vous méritez autant d’attention que n’importe qui d’autre, n’ayez pas peur d’insister si nécessaire.

Préserver son autonomie le plus longtemps possible

Faire de l’exercice doux (marche quotidienne, natation, gymnastique adaptée) permet de garder force et équilibre, réduisant le risque de chute et de dépendance. Maintenir une alimentation équilibrée aide aussi à rester en forme. Si vous vivez seule, pensez à aménager votre domicile pour plus de sécurité (douche de plain-pied, éclairage suffisant, tapis antidérapants…). Les femmes vivant plus longtemps, elles sont proportionnellement plus nombreuses à entrer en maison de retraite, anticiper cette éventualité peut être judicieux. Pensez à vous informer sur les résidences seniors, envisager une assurance dépendance et/ou en discuter avec votre famille.

Lutter contre la solitude

Investir du temps dans ses liens sociaux et activités est primordial pour le moral. Rejoignez des clubs, des associations orientées vers les femmes seniors : groupes de marche, ateliers de loisirs créatifs, universités du temps libre, associations d’anciennes professionnelles…. Osez aussi explorer le monde du numérique : de plus en plus de grands-mères maîtrisent Internet, échangent via les réseaux sociaux ou la visioconférence avec leurs proches, ou participent à des forums en ligne. Ces outils peuvent briser l’isolement.

Et pourquoi ne pas essayer le bénévolat ? De nombreuses associations recherchent des bénévoles de tout âge, aider les autres est valorisant et socialisant. Vous avez accumulé de l’expérience et du savoir-faire tout au long de votre vie : transmettre aux plus jeunes, par du tutorat, du soutien scolaire, du mentorat, pourrait être une aventure épanouissante.

Prendre du temps pour soi

Après des décennies à s’occuper des autres (enfants, employeurs, parents…), la retraite doit aussi être l’occasion de penser à vous. Faites ce qui vous fait plaisir ou vous intrigue : voyagez si vous le pouvez, en groupe de seniors ou en solo, reprenez des études ou une formation (il n’y a pas d’âge pour apprendre une langue ou se mettre au piano !), accordez-vous des moments de détente : yoga, lecture, jardinage…. Se faire passer en premier n’est pas égoïste, c’est une condition pour rester en bonne santé physique et mentale. En prenant soin de vous, vous serez d’autant plus en forme pour profiter de vos proches et de vos passions.

Chez Cocoon, on vous accompagne à tout âge !

En résumé, les femmes à la retraite font face à des défis spécifiques, mais elles peuvent aussi être actrices de leur bien-être. La société prend progressivement conscience de ces enjeux : l’égalité hommes/femmes se joue aussi dans le grand âge, et des mesures sont discutées (comme une meilleure prise en compte des congés parentaux dans les retraites, ou des programmes dédiés aux femmes isolées).

Chez Cocoon, nous avons à cœur d’accompagner toutes les femmes dans cette étape de vie, en proposant non seulement des garanties santé adaptées, mais aussi des programmes utiles et bienveillants, comme Ma Parenthèse Cocoon, des vidéos en format court pour prendre soin de votre santé mentale. Et ça, ça fait du bien !

 

Écrit par Lisa Nadji
Rédactrice en chef – Experte santé Profil Linkedin

Nos dernières actualités santé

Vos questions, nos réponses

Une complémentaire santé, aussi appelée mutuelle, est un contrat d’assurance qui vous permet de compléter les remboursements de la Sécurité sociale pour vos frais de santé. Elle peut prendre en charge tout ou partie des dépenses non remboursées, comme les soins dentaires, optiques, l’hospitalisation, etc.

Non, la mutuelle santé n’est pas obligatoire pour tous. Cependant, elle est fortement recommandée car elle permet de vous protéger financièrement en cas de dépenses de santé importantes.

Le tiers-payant est un dispositif qui vous permet de ne pas avancer les frais de santé lors d’une consultation chez un professionnel de santé. C’est l’Assurance Maladie et/ou votre complémentaire santé qui se chargent de payer directement les frais au professionnel.

La satisfaction de nos clients, notre priorité !

Un conseiller vous rappelle