Comment mieux vivre son problème d’incontinence fécale ?

Problème de santé souvent caché par les patients à leur médecin, l’incontinence fécale toucherait jusqu’à 15 % de la population adulte en France. Focus sur ce mal, ses raisons et ses symptômes, qui peut être guéri ou limité grâce à une prise en charge médicale.

 

incontinence fécale

 

Les symptômes gênants de l’incontinence fécale

Méconnue des Français, l’incontinence fécale est souvent confondue avec l’incontinence anale qui désigne l’émission involontaire de gaz ou de selles (liquides ou solides) causée par un dysfonctionnement des sphincters de l’anus. Également provoquée par une perte de contrôle de l’anus, l’incontinence fécale concerne , comme son nom l’indique, l’incapacité de retenir les matières fécales, à savoir les selles, pas les gaz. Ces symptômes sont parfaitement acceptés lorsqu’ils surviennent chez le nourrisson. En revanche, l’incontinence fécale est souvent cachée par l’adulte qui ressent généralement un sentiment de honte à l’évoquer. Pourtant, un entretien préalable avec son médecin traitant reste la première des choses à faire pour trouver un moyen de limiter ou de guérir les symptômes.

 

L’incontinence fécale, un phénomène qui s’aggrave avec l’âge

Les troubles de la continence trouvent souvent leur origine dans plusieurs facteurs. Le plus courant est un dysfonctionnement de l’anus, dont les deux sphincters interne et externe se contractent plus difficilement d’année en année, généralement à cause de soucis de santé précédemment rencontrés (hémorroïdes, fissure anale, grossesse avec prolapsus, accouchement difficile, etc.). Il arrive également qu’au fil des inflammations rencontrées, le rectum et le côlon voient leur capacité de réservoir diminuer, phénomène entraînant l’incontinence. Les personnes qui rencontrent des problèmes récurrents de transit intestinal (diarrhées et constipation chroniques) ou qui sont atteints d’une maladie neurologique (Alzheimer, Parkinson, etc.) sont, elles aussi, particulièrement sujettes à l’incontinence fécale. De par l’affaiblissement progressif de leur organisme, les seniors peuvent rencontrer plus facilement que les jeunes adultes ces problèmes d’incontinence.

 

 

Des possibilités pour guérir ou limiter l’incontinence fécale

Comme dans le cadre d’une incontinence urinaire chez les seniors, un problème d’incontinence fécale doit être absolument discuté avec son médecin traitant d’abord, puis avec un spécialiste le cas échéant. Dans la grande majorité des cas, les symptômes pourront être traités avec un simple traitement médical. Alerté par les problèmes d’incontinence de son patient, le médecin consulté lui prodiguera d’abord des conseils en termes de régularisation du transit (apport quotidien en fibres au sein de l’alimentation, prise de médicaments ou de compléments alimentaires, etc.) et d’hygiène défécatoire (aller à la selle de manière régulière, ne pas différer ses envies défécatoires, vérifier ses selles, procéder au nettoyage de l’anus, etc.). Il pourra également demander à son patient de faire des exercices de contraction de l’anus qui permettront, au rythme de 10 minutes par jour, de rééduquer et de remuscler les sphincters. Un kiné spécialement formé peut également rééduquer la sensibilité du rectum ou le périnée postérieur du patient, à l’aide de sondes permettant de visualiser l’origine de l’incontinence et de stimuler électriquement le périnée (méthode appelée biofeedback).

Si les troubles de continence fécale du patient sont très sérieux, un recours à la chirurgie pourra être sollicité. Cette dernière pourra être légère si une simple amélioration du fonctionnement de l’anus suffit ; elle prendra alors la forme d’une chirurgie réparatrice (réparation du sphincter) ou de stimulation (neurostimulation électrique des nerfs contrôlant les sphincters de l’anus). Dans les cas les plus compliqués, la pose d’un sphincter anal artificiel en silicone autour du canal anal est nécessaire pour compenser une fonction sphinctérienne trop altérée.